Les Cérémonies de Denise
Bruxelles · 59, se déplace jusqu'à 150 km
Le portrait
Attention pépite ! Tomber sur Élodie c’est comme trouver un trèfle à quatre feuilles coincé entre ses orteils. C’est de l’ordre du miracle. Du grandiose en toute simplicité.
« Les Cérémonies de Denise » est né il n’y a pas si longtemps, et c’est dingue ce chemin parcouru en si peu de temps. On dirait que les fées de la cérémonie laïques se sont penchées sur son berceau et qu’elles ont finalement décidé de s’y installer.
Concrètement ça donne quoi ? Une vision du métier déjà très personnelle, exigente et bien incarnée.
Avec les Cérémonies de Denise, on ne fait pas « juste » une cérémonie. On plonge dans les fondations du couple. On cherche ce qui fait que ces deux personnes-là se sont choisies, ce qu’elles ont construit ensemble, ce que leur mariage raconte et pourquoi, ce jour-là, ça mérite qu’on s’arrête dessus. Puis on transforme tout ça en une cérémonie qui ne pourrait appartenir qu’à eux : vivante, surprenante, drôle, émouvante, parfois un peu inattendue. Une cérémonie vraie qui rappelle à tout le monde qu’il y a de sacrément belles histoires dans ce bas monde.
Vous pensez à avoir une idée un peu loufoque ? Vous avez un univers très marqué et l’envie de sortir des sentiers battus ? Elodie se régale d’avance… mais elle n’en perd pas pour autant son objectif : aller très loin dans la créativité, oui ! Mais jamais gratuitement. Elle cherchera toujours la cohérence au service du sens… même si pour cela il faut parfois oser sortir des clous. Comme elle l’exprime très bien : « Je crois que mes cérémonies préférées sont celles où il y a un enjeu qui dépasse le mariage en lui-même ».
Curieuse, ouverte, touche à tout, elle a été enseignante, graphothérapeuthe, chargée de projet culturels et artistiques, autrice d’un album jeunesse, et elle aurait même pu être dramaturge… une qualité qui sert indéniablement aujourd’hui ses cérémonies.
On ne met pas longtemps à déceler l’espiègle qui se cache derrière le visage calme et rassurant d’Elodie. Et puis, ce qui nous retient, c’est qu’en plus d’être attachante, elle est profondément engagée. Elle veut défendre la singularité des histoires, et les différentes manières de faire couple et faire famille. Raconter les gens tels qu’ils sont, plutôt que tels qu’ils devraient être.
Cérémonie en images

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Processus de travail
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Extraits de cérémonie
Le rituel du Jenga
Il y a un objet que j’ai volontairement laissé traîner dans cette histoire. Un Jenga. Lors de leur tout premier week-end ensemble, ils ont joué au Jenga. Deux ans plus tard, le jeu est toujours rangé dans leur armoire. Le Jenga est une belle allégorie pour Maeva et Hugo. Parce que c’est une construction, mais que ça reste un jeu. Cette association leur ressemble. Hugo et Maéva prennent au sérieux ce qui mérite de l’être. Leurs valeurs, leurs engagements, leur famille, les liens qu’ils créent : tout cela est profondément ancré. Mais ils ne confondent pas profondeur et gravité. Ils essaient de traverser la vie avec du jeu, de la joie, de la légèreté. De transformer une galère en aventure, un imprévu en souvenir, et de ne pas attendre que tout soit parfait pour en profiter. Une belle allégorie aussi parce qu’avec le Jenga, on construit. On avance. On tente des choses. On sait très bien qu’à chaque nouvelle pièce déplacée, on prend un risque. Personne n’a jamais gagné une partie de Jenga en laissant prudemment la tour intacte. Il faut jouer. Oser retirer une pièce. Prendre le risque. Hugo et Maéva auraient pu attendre davantage, s’assurer que chaque étage était parfaitement stable avant d’en construire un autre. Ils ont préféré jouer. Pleinement. Confiants. Ils ont accepté que vivre ce n’est pas passer son temps à protéger la tour, mais oser construire la plus belle possible. Si vous êtes là aujourd’hui, c’est que d’une façon ou d’une autre, vous participez à la construction de cette tour. Pour cette raison, nous vous demanderons, à chacun et chacune, de prendre le temps, pendant le vin d’honneur, de venir inscrire sur une des pièces du Jenga, un mot, une phrase, un souhait, que vous avez envie de confier à Hugo et Maeva. Vous y laisserez votre prénom, votre empreinte. Ces pièces rentreront ensuite chez eux. Elles seront mélangées, empilées, déplacées. La tour tombera probablement quelques fois, c’est même tout ce qu’on lui souhaite, parce que cela voudra dire qu’on joue avec. Et peut-être qu’un jour, Charlie attrapera l’une de ces pièces et découvrira quelques mots écrits bien avant qu’elle puisse les lire. Elle saura alors qu’en ce 26 septembre 2026, pendant que ses parents choisissaient de continuer à jouer pleinement le jeu de leur vie ensemble, tout un tas de gens étaient là pour leur souhaiter de poursuivre la construction entreprise !
La rencontre d'Artuur et Davy
Côtoyer Artuur et Davy, ça nous rend tous et toutes plus optimistes. Après tout, leur idylle a commencé grâce à un conflit politique et une pandémie. Rien que ça. Nos deux hommes ont tout de même réussi à sublimer un conflit politique et une pandémie, réussi à transformer un conflit politique et une pandémie en une brillante et solide union. Certains et certaines devraient peut-être en prendre de la graine. Pas de panique, je ne divulguerai pas de noms. Replongez-vous, dans ce mois de mars 2020. Le monde entier est à l’arrêt. Nos vies sont à l’arrêt. Alors que la leur ne fait que commencer. Nous sommes en mars 2020, A deux pas d’ici. Là où s’étend un lieu chargé d’histoire. Un lieu idéal pour s’enfuir de l’actualité morose. Un de ces jardins publics d’où l’on oublie la ville entière. Là, dans cet écrin de verdure, entre les aulnes et les frênes, les fins graviers qui forment les nombreux chemins du parc crissent sous les pas de deux jeunes hommes. Peut-être à cette période-là, nous pouvions déjà sentir l’odeur des jacinthes qui s’invitent dans le parc. Là, entre les fougères et les roselières, Davy témoigne. S’investir avec passion dans la vie de sa ville lui a parfois valu quelques critiques. Alors Davy tente de convaincre Artuur qu’il n’est pas si mauvais, dans le fond… Et Je pense qu’il a plutôt bien réussi. Maître Artuur a du flair. Et le plaidoyer fait mouche. Artuur comprend rapidement que les bruits de couloir dont il est le témoin dans le parti politique au sein duquel il évolue sont infondés. Que du contraire… La causerie peut prendre un autre tournant… Entre les foulques macroules, les ouettes d’égypte et les merles chantants, je laisserai à Artuur le soin de poursuivre le cours d’ornithologie pour celles et ceux qui le souhaitent… Là, sous cette faune et cette flore flamboyante, je vous laisse imaginer un Artuur et un Davy se découvrant, se dévoilant. Et ce qui était censé les diviser au départ, à savoir des opinions politiques divergentes, les rapprochent, sérieusement. A deux pas d’ici, s’étend un lieu qui a 400 ans d’histoire et qui en contient maintenant une de plus, celle de deux êtres qui, par un printemps qui nous aura tous bousculés, s’y sont trouvés, pour de bon.
Une entrée sur Axelle Red
La chanson que vous venez d’entendre a été écrite et interprétée par Axelle Red. Elle sort en 1999 et c’est un succès. La musique est diffusée un peu partout. J’imagine cette jeune fille, entourée de ses frères et de sa sœur, les paysages qui défilent devant ses yeux, sur la route de leur maison de vacances, vers Hardelot. Pour faire passer le temps, elle écoute la radio, ou peut-être même son discman, la musique « Parce que c’est toi » se lance. Et c’est un moment totalement insignifiant pour elle. Incapable d’anticiper que 26 ans plus tard, sur cette chanson, épaulée par son grand-père, elle rejoindra l’amour de sa vie vers leur cérémonie de mariage. Une dizaine d’années plus tard, un jeune homme, probablement dans sa chambre, découpe quelques photos qu’il assemble autour d’un texte : les paroles de cette chanson d’Axelle Red. Le tout forme un cadre qu’il offre à cette jeune fille, qui lui plaît beaucoup, le jour de son anniversaire. Bien sûr, il est déjà sous le charme. Mais il est à mille lieues d’imaginer que c’est sur ces paroles, qu’il attendra, au bout de l’allée, de voir défiler ses filles qu’il adore et leur mère qu’il est sur le point d’épouser. Aujourd’hui, ils auraient pu organiser un concert privé d’Axelle Red, à la place ils ont décidé de vous convier à une cérémonie d’engagement. Je ne sais pas si vous êtes gagnants. Vous pourrez décider à la fin de cette cérémonie.
Une leçon de langage
Pour préparer cette cérémonie, j’ai posé toute une série de questions à Floriane et Grégory et au détour de l’une d’elles, ils me lancent de manière plutôt anecdotique : on a un petit dictionnaire de mots, que nous avons inventés. Je creuse et je découvre une véritable encyclopédie. Et je pense : ce n’est pas du tout anecdotique. Au contraire. Construire un couple, c’est inventer un langage commun, mettre en musique une histoire d’amour et que chacun puisse lire et compléter la partition. Les mots sont précieux. Ils racontent le regard que l’on porte sur le monde. D’ailleurs, les prénoms eux-mêmes portent déjà une histoire. Floriane vient du latin « Florus », qui signifie « fleur », « floraison » ou « florissant ». Grégory, quant à lui, vient du grec Gregorios qui définit « celui qui veille » ou encore « l’être éveillé ». En apprenant à connaître Floriane et Gregory, une évidence s’impose : voilà deux êtres qui habitent profondément leur prénom ! Rassurez-vous, nous n’allons pas passer la prochaine heure à faire un cours de latin ou de grec ancien ! Non, aujourd’hui je vous propose plutôt d’entrer dans le langage commun à Floriane et Grégory. Quand je reçois - je cite : « L’encyclopédie de Floriane et Grégory pour frimer sur internet et en société », je découvre bien plus qu’une collection de mots drôles. Je découvre un espace de jeu, de créativité, leur complicité, une manière bien à eux de regarder le monde. Par exemple, ils inventent ce mot : « Olovmatopée ». Les « olovmatopées » sont tous ces petits sons que font un couple pour communiquer et qui n’ont de sens que pour lui (et qui sonnent comme les cris malades de petits animaux de la forêt pour le reste du commun des mortels). Observez-les dix minutes et vous comprendrez ce que sont les olovmatopées. Leur langage - qu’il passe par les mots, les regards, les gestes ou les olovmatopées - est un terreau vivant, fertile, en mouvement.
Loin du protocole
(Intro sonore réalisée par la mariée pour son mari ingénieur du son avec un mélange de musiques et de paroles) En tant qu’officiante de cérémonies, j’ai l’habitude des cérémonies de mariage. Mais c’est la première fois que l’une d’elles s’ouvre sur une phrase contenant les mots « je suis certainement en train de me chier dessus ». C’est sûr, vous les connaissez, Grégory et Audrey créent leurs propres règles. D’ailleurs, vous êtes venus pour un anniversaire et eux ont décidé de vous faire vivre un mariage ! Il y a quelques semaines, le samedi 27 juin, au milieu des bulletins, Audrey et Grégory ont pris le temps, dans le plus grand secret, de se rendre à la commune pour donner une dimension « officielle » à la famille qu’ils composent. Le jour où Audrey a eu 35 ans. Aujourd’hui, le 20 juillet, Grégory et Audrey célèbrent ce mariage avec leurs proches, avec vous. Le jour où Grégory a 30 ans. La première fois que je rencontre Grégory et Audrey, nous sommes assis à leur table. Ils me font face et j’observe leur t-shirt. Ils ont le même ! Dessus sont inscrit les mots : « I am an adult but not real », je suis un adulte, mais pas vraiment. Je sais que la chanson française n’est pas ce que préfère Grégory, sauf quand il s’agit de Lorie, mais nos deux amoureux me ramènent à une phrase prononcée par Jacques Brel, dans une de ses chansons : « être vieux sans être adulte ». Certes, nous ne sommes pas vieux à 30 et 35 ans, mais c’est souvent un âge où l’on commence à prendre la vie très au sérieux. Les responsabilités s’accumulent, les agendas se remplissent, les listes de tâches s’allongent. On oublie parfois cette faculté que l’on possède naturellement lorsque nous sommes enfant : rire pour pas grand-chose, s’émerveiller devant un vinyle, savourer une blague douteuse,… Grégory et Audrey, eux, semblent avoir trouvé le moyen de résister à cette étrange maladie de l’âge adulte. Ils ont conservé ce talent précieux qui consiste à prendre les choses au sérieux sans jamais se prendre eux-mêmes trop au sérieux. Et c’est sans doute pour cela qu’aujourd’hui, vous êtes invités à un anniversaire qui est aussi un mariage, à une cérémonie officielle qui commence par une phrase qu’aucun manuel de protocole n’aurait osé prévoir. Aujourd’hui, Audrey et Grégory vous ont invités à être vieux sans être adultes, en vous proposant dès le début un escape game. Alors restons encore un instant dans cet esprit de jeu… Vous vous souvenez de ce jeu universel de l’enfance : « On disait que… » ? « On disait que tu étais le cow-boy et moi la shérif », « on disait que tu étais le vendeur et moi l’acheteuse », « on disait que nous étions des exploratrices, des pirates, des chevaliers »… Aujourd’hui, je vous propose de jouer une fois de plus à ce jeu-là. On disait que nous étions… dans un campement. Quelques toiles dressées contre le vent. Un feu qui crépite. Des rires qui résonnent. Un endroit simple, chaleureux, vivant. Ceux qui construisent ce campement : deux outsiders qui, après avoir longtemps cherché leur place dans le monde, ont fini par comprendre qu’ils n’avaient pas besoin de la trouver. Ils pouvaient créer leur propre place, leur propre campement. Pas un palais ostentatoire. Pas une cathédrale de pierre. Un campement. Un campement peuplé de chats, de musique, de blagues absurdes, de jeux et de tartan.
Le rituel du tatouage
Maintenant que le campement est bien installé, Audrey et Grégory peuvent penser à leur blason, celui qui figure sur les étendards. Sur leurs drapeaux, ils dessinent un symbole, une fleur : le chardon. Le chardon pousse là où d’autres plantes renoncent. Il résiste. Il se défend grâce à ses piquants mais demeure une fleur. Derrière son apparente rudesse, beaucoup de délicatesse. Le chardon est aussi l’emblème de l’Ecosse. La légende raconte qu’il aurait sauvé des soldats écossais lorsque des envahisseurs tentaient de progresser sur le terrain, pieds-nus, ils ne résistèrent pas aux épines des chardons. Depuis, le chardon est devenu un symbole de protection. Le chardon pour décorer votre campement, Audrey, Grégory : cela vous raconte si bien. Par contre, il semblerait que l’on ait oublié les drapeaux. Heureusement, nos amoureux ont de la ressource. Dans une cérémonie de mariage, il existe des grands classiques. L’échange des alliances, les vœux, les discours, les rituels, … Mais oublions le « classique » et réfléchissons à ce qui est porteur de sens, pour Audrey et Grégory. L’intérêt des gestes symboliques dans une cérémonie de mariage est de concrétiser, de traduire physiquement cette envie de faire équipe, de reconnaître l’équipe. Alors ce blason, ce chardon, ils ont décidé de l’inscrire sur leur peau, ils vont se le faire tatouer. Rassurez-vous, je ne suis pas tatoueuse à mes heures perdues et vous n’allez pas être pris en otages et observer patiemment nos deux amoureux le temps qu’ils se fassent tatouer. Ce tatouage sera réalisé en septembre, le jour de leur anniversaire de rencontre. Je vous disais, en début de cérémonie : nos deux adultes, qui n’en sont pas tout à fait, pensent à tout… Les tatouages qui décorent actuellement les corps d’Audrey et Grégory racontent beaucoup de ce dont nous avons déjà parlé jusqu’ici : Leurs passions. Leurs refuges. Leurs contradictions. Leur humour. Leur liberté. Ils racontent déjà qui ils sont individuellement. Audrey, Grégory, le chardon viendra compléter cette collection en ajoutant cette idée que vous formez une alliance. Aujourd’hui, nous allons simplement faire une petite répétition. Dans cette cérémonie, nous allons laisser de la place à ce chardon, votre blason, grâce à un tatouage éphémère. Audrey, Grégory, je vous invite à vous tatouer mutuellement. Ces gestes symboliques qui s’invitent souvent dans les cérémonies, apportent une autre dimension lorsqu’ils sont partagés. Lorsque tout le monde communie ! Audrey et Grégory n’auraient pas pu vous inviter à l’église et vous proposer l’hostie, cela n’aurait pas eu beaucoup de sens pour eux. Par contre, ils vous convient aujourd’hui dans leur campement écossais et vous propose de vous faire tatouer, vous aussi. Et cela leur correspond beaucoup plus ! C’est assez logique, après un évènement comme aujourd’hui, on ne repart pas tout à fait comme on est arrivé. Ce tatouage ne restera que quelques jours, le leur restera toute une vie. Et pour accompagner ce moment partagé, une chanson. Je vous invite simplement à l'écouter. À vous laisser toucher par ses paroles. Elles prolongent, à leur manière, tout ce que nous venons de célébrer. MUSIQUE – BEN MAZUE - FAMILLE
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